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Sucre et hyperactivité : ce que disent les études

Enfants

· Publié le · 13 min de lecture

Le sucre rend-il les enfants hyperactifs ? Les études disent non : sucre et hyperactivité n’ont pas été reliés dans des essais rigoureux, y compris chez des enfants que leurs parents disent « sensibles au sucre ». Ce que l’on prend pour un excès de sucre est plus souvent de l’excitation, une ambiance de fête et ce que les adultes s’attendent à voir. Le sucre reste à limiter pour les dents et le poids, mais pas comme moyen de calmer un enfant plein d’énergie.

En bref :

  • Les études contrôlées ne montrent aucun effet du sucre sur le comportement des enfants.
  • Fêtes, jeux et couchers tardifs expliquent la plupart des « coups de sucre ».
  • Un adulte qui s’attend à de l’agitation en perçoit davantage.
  • Le sucre ne cause pas le TDAH ; le réduire n’est pas un traitement prouvé.
  • Les sucres libres restent à limiter, pour les dents et le poids.
Sucre et hyperactivité : ce que disent les études
Dans cet article · 13 min de lecture
  1. Sucre et hyperactivité : ce que montrent les études
  2. Pourquoi le « coup de sucre » paraît si réel
  3. Sucre et TDAH : que sait-on ?
  4. Quelle quantité de sucre pour un enfant ?
  5. Six façons simples de réduire le sucre sans conflit
  6. Ce que le livre apporte
  7. Quand consulter un professionnel
  8. À qui cela s’adresse
  9. Les termes clés
  10. Questions fréquentes
  11. Sources

Sucre et hyperactivité : pourquoi l’effet semble vrai, en quatre étapes
Sucre et hyperactivité : pourquoi l’effet semble vrai, en quatre étapes

Cette croyance est ancienne et tenace. Presque tous les parents ont vu un enfant tourner comme une toupie à un goûter d’anniversaire, un morceau de gâteau à la main, et en ont tiré la conclusion évidente. Ce guide regarde ce qui a vraiment été testé, pourquoi l’idée paraît si juste, ce que disent les sources sur le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), quelle quantité de sucre est raisonnable selon l’âge, et que faire à la place d’accuser le gâteau.

Sucre et hyperactivité : ce que montrent les études

Les chercheurs testent cette question depuis des dizaines d’années, presque toujours avec la même astuce : certains enfants reçoivent du sucre, d’autres un édulcorant au goût identique, et personne dans la pièce ne sait qui a reçu quoi. On parle d’essai en double aveugle contre placebo, le plan le plus solide pour ce genre de question.

Une méta-analyse publiée en 1995 dans le JAMA a réuni toutes les études de ce type qu’elle a pu trouver. Seize publications répondaient à ses critères, soit 23 études au total : chacune donnait une quantité connue de sucre, comparait avec un édulcorant placebo et laissait enfants, parents et chercheurs dans l’ignorance. Les auteurs ont mesuré 14 critères différents, de l’observation directe du comportement aux tests scolaires, et pour chacun d’eux l’intervalle des effets probables incluait zéro. Leur conclusion : le sucre n’affecte ni le comportement ni les performances cognitives des enfants. Ils ajoutent une réserve prudente : un petit effet, ou un effet sur certains sous-groupes d’enfants, ne peut pas être exclu (JAMA, 1995, en anglais).

L’un des essais les plus connus a été publié dans le New England Journal of Medicine en 1994. Il a suivi 25 enfants d’âge préscolaire (3 à 5 ans) et 23 enfants d’âge scolaire (6 à 10 ans) que leurs parents décrivaient comme sensibles au sucre. Chaque famille a suivi trois régimes pendant trois semaines chacun : un riche en sucre, un sucré à l’aspartame et un à la saccharine, qui servait de placebo. Chez les enfants dits sensibles au sucre, aucune différence significative n’est apparue entre les trois régimes sur 39 mesures du comportement et des capacités cognitives. Chez les plus jeunes, seules 4 mesures sur 31 différaient, sans schéma cohérent. Les auteurs concluent que, même quand l’apport dépasse les niveaux habituels, le sucre n’affecte ni le comportement ni les capacités de réflexion des enfants (NEJM, 1994, en anglais).

Pour un point de vue court d’un système de santé universitaire, Penn State Health propose un extrait de sa série « Medical Myth » sur le lien entre une consommation élevée de sucre et le TDAH (en anglais) :

Mythe médical : consommation élevée de sucre et TDAH (en anglais)

Pourquoi le « coup de sucre » paraît si réel

Si les essais sont si nets, pourquoi tant d’adultes jurent-ils avoir vu l’effet ? Trois éléments se combinent.

  1. Le décor. Le sucre arrive souvent avec l’excitation : anniversaires, Halloween, fêtes, kermesses. Les enfants sont avec leurs amis, la routine saute et le coucher est tardif. Le sucre est là, mais tout le reste aussi. Futura-Sciences résume bien l’idée : plus que le sucre, c’est l’ambiance dans laquelle il est consommé qui semble exciter les enfants (Futura-Sciences).
  2. L’attente. Dans une étude de 1994, trente-cinq garçons de 5 à 7 ans, décrits par leur mère comme sensibles au sucre, ont tous reçu un placebo. On a dit à la moitié des mères que leur fils avait pris une grosse dose de sucre. Ces mères ont jugé leur fils nettement plus hyperactif, sont restées plus près de lui et avaient tendance à le critiquer davantage (Hoover et Milich, 1994, en anglais). Ce n’est pas tant le comportement qui a changé que le regard porté dessus.
  3. La mémoire. On se souvient de la fête où le gâteau et le chahut sont arrivés ensemble, et on oublie les après-midis calmes avec un biscuit.

Futura-Sciences note aussi que d’autres composants des sucreries pourraient jouer un rôle, comme le chocolat, qui contient de la caféine et de la théobromine, une substance excitante pour l’être humain. Et Sabiha Kanchwala, médecin pédiatre au Loma Linda University Children’s Hospital, rappelle que l’agitation d’un enfant vient le plus souvent d’un mauvais sommeil, avec une routine du soir et 10 à 12 heures de sommeil par nuit pour les enfants d’âge scolaire (Loma Linda University Health, en anglais). Notre guide du rituel du coucher propose un plan en sept étapes.

À quoi peut ressembler un « coup de sucre »

Voici un tableau que vous ne trouverez pas dans la plupart des articles sur le sujet : un moyen rapide de tester votre intuition avant de supprimer quoi que ce soit.

Ce que vous voyez Une explication plus probable À essayer
Surexcité après une fête Excitation, bruit, coucher tardif Une heure calme après, un coucher plus tôt le lendemain
Agité au retour de l’école Faim, fatigue, heures assis Un goûter avec des protéines, puis une pause active
Crise avant le dîner Baisse d’énergie, fatigue Un goûter plus tôt et une activité calme
Ça bouge au moment du coucher Fatigue, écrans, caféine (cola, chocolat) Un rituel de calme, pas de boisson caféinée le soir
Déboussolé après les vacances Routine bousculée, beaucoup de monde Retour aux repas et au sommeil réguliers en un jour ou deux

Pour en avoir le cœur net, tenez un petit journal pendant deux semaines : ce que votre enfant a mangé, à quelle heure il s’est couché, ce qui s’est passé dans la journée et son humeur le soir. Les schémas désignent souvent le sommeil, la faim ou les événements bien avant le sucre.

Sucre et TDAH : que sait-on ?

Parce que sucre et hyperactivité sont si liés dans les esprits, la question devient souvent : « le sucre cause-t-il le TDAH ? ». Les pages de l’université de Nottingham consacrées au TDAH (en allemand) sont claires : le sucre et les additifs alimentaires ne sont pas la cause du TDAH, et l’alimentation n’influence les symptômes que chez une minorité d’enfants atteints d’hypersensibilités alimentaires précises. Seul un médecin peut poser un diagnostic de TDAH : aucun aliment et aucune liste de symptômes sur une page web ne le peut.

Existe-t-il tout de même un lien ? Le projet de vérification des faits Maldita.es a résumé la situation en 2021 (en espagnol). Deux revues publiées en 2019 et 2020 associaient sucres raffinés, boissons sucrées et régimes déséquilibrés à l’hyperactivité. Mais un professionnel de la nutrition interrogé a rappelé que ces revues mélangeaient des types d’études différents et que l’association disparaissait quand on les séparait. Le service PEN Nutrition ajoute que restreindre le sucre n’a pas montré d’amélioration des symptômes du TDAH, même si remplacer une partie des sucres raffinés par des aliments plus nutritifs peut aider à équilibrer l’alimentation (Maldita.es).

Le résumé honnête est donc prudent : le sucre ne cause pas le TDAH, et les preuves que le réduire traite le TDAH sont faibles. Une personne spécialiste de la nutrition pédiatrique du Texas Children’s Hospital a dit à CNN qu’on ne peut pas affirmer que le sucre rend à coup sûr les enfants hyperactifs, ce qui laisse la place à un petit effet chez certains (CHADD, en anglais).

Quelle quantité de sucre pour un enfant ?

Les repères parlent de sucres libres : les sucres ajoutés aux aliments et aux boissons, plus ceux du miel, des sirops et des jus de fruits. L’OMS recommande de les limiter à moins de 10 % de l’apport énergétique quotidien, soit environ 50 g pour 2 000 calories, et indique que descendre à 5 % ou moins apporte des bénéfices supplémentaires (OMS). Le service de santé NHS traduit les 5 % en grammes par âge (NHS, en anglais) :

  • 1 an : 10 g par jour au maximum
  • 2 à 3 ans : 14 g
  • 4 à 6 ans : 19 g (environ 5 morceaux de sucre)
  • 7 à 10 ans : 24 g (environ 6 morceaux)
  • Adultes : 30 g (environ 7 morceaux)

Sucres libres : limite par âge, graphique en grammes par jour

L’Anses, qui compte les sucres totaux (hors lactose et galactose), ne fixe pas la même mesure : elle considère que la consommation ne devrait pas dépasser 60 g par jour pour les enfants de 4 à 7 ans et 75 g pour ceux de 8 à 12 ans (Santé.fr, Anses). Les deux repères ne se comparent pas directement : l’un porte sur les sucres libres, l’autre sur tous les sucres.

Le NHS donne deux astuces faciles : limitez les aliments et boissons sucrés aux repas, pour protéger les dents, et ne dépassez pas 150 ml par jour de jus de fruits ou de smoothies.

Six façons simples de réduire le sucre sans conflit

  1. Faites de l’eau ou du lait la boisson par défaut. Les boissons sucrées sont l’endroit le plus facile pour gagner des grammes.
  2. Servez les sucreries pendant un repas. Un dessert après le dîner est plus doux pour les dents que des bonbons grignotés tout l’après-midi.
  3. Lisez l’étiquette : « sucres » et « dont sucres ajoutés ». Le sucre se cache sous les noms de sirop, de miel, de jus concentré et de mots en « -ose ».
  4. Remplacez, n’interdisez pas. Un fruit avec un yaourt nature plutôt qu’un yaourt sucré, ou une banane avec quelques pépites de chocolat plutôt qu’une barre chocolatée.
  5. Préparez la fête, pas seulement le sucre. Offrez un goûter assis avant la fête, un jeu calme après et un coucher normal le lendemain.
  6. Impliquez votre enfant. Demandez-lui de choisir le remplacement et de vous aider à lire les étiquettes. Les enfants respectent mieux les règles qu’ils ont aidé à fixer.

Le point de vue de Magda Pabst

Dans 100 Façons d’Assister les Enfants Atteints de TDAH et de TDA, Magda Pabst adopte une approche douce du sucre. Le livre propose de remplacer peu à peu les en-cas sucrés par des en-cas à base de fruits et de légumes, de lire les étiquettes pour repérer les sucres ajoutés et d’expliquer à l’enfant pourquoi les choix alimentaires comptent, pour qu’il participe à la décision. Le raisonnement : les aliments sucrés provoquent des pics et des baisses d’énergie qui peuvent influencer l’attention et l’humeur.

Considérez-le comme un conseil général d’alimentation saine et non comme un traitement du TDAH. Comme le montre cet article, les preuves qu’un apport moindre en sucre améliore l’attention ou les symptômes du TDAH sont partagées : aucune promesse ne doit s’y attacher.

Ce que le livre apporte

100 Façons d’Assister les Enfants Atteints de TDAH et de TDA de Magda Pabst est notre guide pratique pour les parents et les enseignants d’enfants de 3 à 12 ans. Il réunit 100 jeux, exercices et stratégies, dix par domaine : concentration, mémoire, travail scolaire, émotions, hygiène de vie, écrans, amitiés et estime de soi. Son chapitre sur le mode de vie traite de l’activité physique, de l’alimentation et du repos, avec des idées sur les repas réguliers, la limitation des sucres, la cuisine en famille et les routines de sommeil. Ce n’est ni un outil de diagnostic ni un avis médical, et il présente les choix alimentaires comme un élément d’un mode de vie sain, pas comme un traitement.

Chez Books Go Publications, maison d’édition installée à Brentford dont les auteurs écrivent dans plusieurs langues, nous construisons des guides comme celui-ci à partir de sources fiables : l’OMS, des agences sanitaires et des études publiées. Pour un autre coup de pouce aux après-midis agités, voyez nos idées de pauses actives ou nos jeux d’Halloween pour enfants si bonbons et déguisements approchent. Retrouvez d’autres guides sur la page d’accueil du blog Books Go Publications.

Quand consulter un professionnel

Parlez-en à votre pédiatre ou à votre médecin si votre enfant est très agité, inattentif ou impulsif dans plusieurs contextes (maison, école, chez des amis) depuis des mois, et pas seulement après des fêtes. C’est aussi le cas si cela gêne les apprentissages, les amitiés ou la vie de famille, ou si les troubles du sommeil ne s’améliorent pas avec une routine stable. Ne commencez pas seul un régime d’exclusion strict pour le TDAH : demandez d’abord l’avis d’un médecin ou d’un diététicien, surtout en cas d’allergies ou d’enfant très sélectif.

À qui cela s’adresse

Les idées reçues sur le sucre touchent beaucoup de personnes qui s’occupent d’enfants.

  • Les parents après une fête ou des vacances : le tableau et le journal aident à distinguer l’excitation d’un vrai schéma.
  • Les enseignants et animateurs qui préparent un goûter : ils peuvent organiser le décor, le sommeil et la collation autour des sucreries.
  • Les parents d’un enfant avec un TDAH : ils apprennent que le sucre n’en est pas la cause et pourquoi tout changement de régime se discute avec un médecin.
  • Les grands-parents et proches qui offrent des friandises : ils trouvent des faits simples à partager et des idées de petits plaisirs qui ne passent pas par la nourriture.

Les termes clés

  • Sucres libres : les sucres ajoutés aux aliments et aux boissons, plus ceux du miel, des sirops et des jus de fruits, que les autorités de santé conseillent de limiter.
  • Placebo : un substitut inoffensif, comme un édulcorant, au même goût que le produit testé mais sans effet actif.
  • Essai en double aveugle : une étude où ni les familles ni les chercheurs ne savent qui a reçu quoi.
  • Méta-analyse : une méthode qui rassemble les résultats de nombreuses études pour dégager l’image d’ensemble.
  • Effet d’attente : voir ce que l’on s’attend à voir, par exemple plus d’agitation quand on croit qu’un enfant a mangé du sucre.
  • TDAH : trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, que seul un professionnel qualifié peut diagnostiquer.

Questions fréquentes

Le sucre rend-il les enfants hyperactifs ?

Les études contrôlées ne montrent aucun effet du sucre sur le comportement des enfants, même chez ceux décrits comme sensibles au sucre. L’impression de « coup de sucre » vient surtout de l’excitation de l’occasion et de ce que les adultes attendent.

Le sucre provoque-t-il le TDAH ?

Non. Les sources fiables indiquent que le sucre et les additifs alimentaires ne sont pas la cause du TDAH. L’alimentation peut compter pour une minorité d’enfants avec des hypersensibilités précises, et un médecin peut vous conseiller.

Réduire le sucre peut-il aider un enfant avec un TDAH ?

Il n’a pas été montré que réduire le sucre améliore les symptômes du TDAH, même si une alimentation équilibrée soutient la santé et le sommeil. Parlez-en au médecin de votre enfant ou à un diététicien avant de changer son alimentation.

Pourquoi mon enfant est-il si agité après un anniversaire ?

Un anniversaire réunit amis, bruit, jeux, routine bousculée et coucher tardif, et tout cela peut exciter un enfant. Prévoyez une heure calme ensuite et un coucher plus tôt le lendemain.

Quelle quantité de sucre par jour pour un enfant ?

La limite du NHS pour les sucres libres est de 19 g par jour de 4 à 6 ans et de 24 g de 7 à 10 ans. L’OMS conseille de rester sous 10 % de l’apport énergétique, et sous 5 % pour des bénéfices supplémentaires.

Les jus de fruits et les smoothies sont-ils du « bon sucre » ?

Leurs sucres comptent comme des sucres libres : les autorités conseillent de limiter jus et smoothies à 150 ml par jour, pendant les repas. Le fruit entier est un meilleur choix.

Sources

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un diététicien ou d’un autre professionnel qualifié.