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Routine visuelle enfant : créer un tableau en 6 étapes

Enfants

· Publié le · Mis à jour le · 13 min de lecture

Une routine visuelle enfant est une petite suite d’images, de photos ou de mots simples qui montre, dans l’ordre, ce qui va se passer : par exemple « s’habiller, prendre le petit-déjeuner, se brosser les dents, mettre ses chaussures ». Le plus simple est de commencer par un seul moment de la journée (le matin, le retour de l’école ou le coucher), avec trois à six étapes, accrochées à hauteur d’enfant, et un moyen pour votre enfant de déplacer ou de cocher chaque étape faite. Ce guide vous explique comment la fabriquer en une vingtaine de minutes, trois exemples, comment l’utiliser au quotidien et que faire quand elle ne fonctionne pas.

En bref :

  • Commencez par un seul moment de la journée, avec trois à six étapes.
  • Utilisez des photos ou des images simples, dans le même ordre chaque jour.
  • Accrochez-la à hauteur d’enfant, là où se passe la routine.
  • Laissez votre enfant déplacer ou cocher chaque étape.
  • Faites évoluer le tableau doucement, avec l’avis de votre enfant.
Routine visuelle enfant : créer un tableau en 6 étapes
Dans cet article · 13 min de lecture
  1. Qu’est-ce qu’une routine visuelle, et pourquoi l’utiliser ?
  2. Créer une routine visuelle enfant en 6 étapes
  3. Trois exemples de routines à copier
  4. Utiliser la routine visuelle enfant au quotidien
  5. Quand la routine visuelle enfant ne fonctionne pas
  6. Où un livre peut vous aider
  7. D’autres guides qui vont avec un emploi du temps
  8. Quand consulter un professionnel
  9. À qui cela s’adresse
  10. Les termes clés
  11. Questions fréquentes
  12. Sources

Routine visuelle enfant : quatre étapes, du choix du moment de la journée à l’utilisation en famille
Routine visuelle enfant : quatre étapes, du choix du moment de la journée à l’utilisation en famille

Qu’est-ce qu’une routine visuelle, et pourquoi l’utiliser ?

Une routine visuelle enfant montre, avec des pictogrammes, des photos ou des mots, la suite des gestes de la journée. Le site Espace Inclusif propose de découper la journée en trois séquences qui se répètent : le matin (réveil, toilette, habillage, petit-déjeuner, départ), l’après-midi (retour, goûter, devoirs, jeu) et le soir (dîner, bain, lecture, coucher). Il demande que chaque image soit « claire, explicite et immédiatement compréhensible » sans savoir lire, par exemple une brosse à dents pour le brossage ou un lit pour le coucher (Espace Inclusif).

Pass Éducation explique que les rituels répétés dès le plus jeune âge rassurent l’enfant, le sécurisent et l’aident à devenir autonome, et qu’une routine bien installée « fera gagner du temps à toute la famille le matin et le soir » (Pass Éducation). Du côté américain, le National Center for Pyramid Model Innovations résume l’intérêt d’un horaire visuel en deux mots : la prévisibilité (l’enfant sait quelle activité arrive et quand) et la constance (l’ordre reste le même) (NCPMI, 2020, en anglais). L’association CHADD, qui accompagne les familles concernées par le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), indique que les routines peuvent donner aux enfants « un sentiment de sécurité et de réassurance » et conseille de dresser une liste visuelle d’étapes, car une tâche découpée en petites parties se termine plus facilement (CHADD, en anglais).

Une précision honnête : ce sont des guides pratiques, pas une promesse. La recherche sur les emplois du temps en images porte surtout sur des enfants autistes. En 2020, l’équipe du National Clearinghouse on Autism Evidence and Practice (NCAEP), à l’université de Caroline du Nord, a recensé 65 études favorables aux supports visuels, c’est-à-dire aux repères concrets (images, listes écrites) qui indiquent à l’enfant ce qui se passe ; elle cite les emplois du temps visuels parmi ses exemples. Ces études se répartissent ainsi : 34 publiées entre 1990 et 2011, puis 31 entre 2012 et 2017 (NCAEP, 2020, en anglais). Une revue de l’université Vanderbilt a retenu 31 études sur les emplois du temps visuels, dont 16 de qualité suffisante, et conclut qu’ils peuvent être considérés comme une pratique fondée sur des preuves, c’est-à-dire validée par plusieurs études sérieuses, chez les personnes autistes, de la maternelle à l’âge adulte (Knight, Sartini et Spriggs, 2015, en anglais).

Routine visuelle enfant : graphique des études sur les supports visuels

Ces résultats ne prouvent pas qu’un tableau convient à tous les enfants, et il ne réglera pas toutes les matinées. Voyez-le comme un outil à essayer quelques semaines, puis à ajuster.

Créer une routine visuelle enfant en 6 étapes

Voici une méthode simple, inspirée du guide du NCPMI et des conseils d’Alcuin Fonds, avec quelques ajouts pratiques.

  1. Choisissez un seul moment. Prenez celui où votre enfant a le plus besoin d’aide : le matin, l’heure après l’école ou le coucher. Un tableau peut couvrir une partie de journée ou toute la journée, mais un seul moment suffit pour commencer.
  2. Listez trois à six étapes. Écrivez-les dans l’ordre voulu, par exemple pour le coucher : toilettes, toilette, pyjama, brossage des dents, histoire, dodo. Si la liste paraît longue, faites deux petits tableaux.
  3. Placez une étape agréable après une étape moins drôle. Le NCPMI suggère d’organiser la journée pour que les activités plaisantes suivent les plus difficiles, par exemple se brosser les dents juste avant l’histoire.
  4. Fabriquez les cartes. Alcuin Fonds conseille de créer des pictogrammes simples et colorés pour les plus jeunes, éventuellement à partir de photos, et de choisir avec l’enfant les rituels du matin et du soir en commençant par des gestes qu’il maîtrise déjà en partie. Vous pouvez photographier votre enfant en train d’accomplir chaque geste, dessiner des images simples ou imprimer une banque de pictogrammes libre d’accès. Ajoutez un mot court sous l’image si votre enfant apprend à lire. Plastifiez ou couvrez les cartes de ruban adhésif transparent pour qu’elles durent.
  5. Choisissez un support. Une bande de carton avec du scratch, un tableau magnétique, une ardoise effaçable, une chemise cartonnée ou des pinces à linge sur un ruban conviennent. L’essentiel est que votre enfant puisse s’en servir seul.
  6. Prévoyez une colonne « fait » et accrochez le tout à sa hauteur. Alcuin Fonds propose une colonne « À faire » et une colonne « Fait », avec un système de suivi : pinces à linge, perles, pastilles velcro ou gommettes repositionnables. Espace Inclusif recommande de placer le planning « à la hauteur de l’enfant », dans un endroit visible comme le réfrigérateur ou la porte de sa chambre.

Quel support pour quel enfant

Ce sont des suggestions, pas des règles : le meilleur support est celui que votre enfant utilise vraiment.

Votre enfant Support qui fonctionne souvent Conseil
Petit qui ne lit pas encore Photos de votre enfant ou images simples et colorées Trois étapes au début ; cartes fixées avec du scratch
Début de lecture Image et un mot court Laissez votre enfant choisir les images
Enfant plus grand Liste écrite avec cases à cocher, ou petite ardoise Gommettes ou coches ; il écrit lui-même la liste
Enfant que trop d’étapes découragent Tableau « d’abord, ensuite » à deux cartes Montrez seulement l’étape en cours et la suivante

Un tableau « d’abord, ensuite » se compose de deux cases, avec une image dans chacune : par exemple « d’abord le pyjama, ensuite l’histoire ». Selon le NCPMI, il aide à passer d’une activité à l’autre et à découper une routine en petites étapes.

Trois exemples de routines à copier

Servez-vous-en comme point de départ et changez l’ordre selon votre maison.

Le matin Après l’école Le coucher
1. Se réveiller 1. Chaussures et cartable rangés 1. Ranger les jouets
2. Aller aux toilettes 2. Goûter et boisson 2. Toilettes et toilette
3. S’habiller 3. Temps calme ou jeu 3. Pyjama
4. Petit-déjeuner 4. Devoirs (avec un minuteur) 4. Se brosser les dents
5. Se brosser les dents 5. Jeu libre 5. Histoire
6. Chaussures et cartable 6. Dîner 6. Lumière éteinte

Pass Éducation décrit une routine du matin (réveil en douceur, petit-déjeuner, toilette, habillage, départ) et une routine du soir (goûter, temps libre sans écran, dîner, histoire, dodo). Pour approfondir la soirée, lisez notre guide sur le rituel du coucher de l’enfant.

Utiliser la routine visuelle enfant au quotidien

Un tableau n’aide que s’il fait partie de la journée. Le guide du NCPMI suggère de :

  • L’enseigner. Montrez à votre enfant comment il fonctionne, en expliquant et en montrant les images, une ou deux fois à un moment calme.
  • Y revenir souvent. Par exemple : « On vient de rentrer, regardons ton tableau pour voir ce qui vient ensuite. »
  • En parler. « Regarde, tu t’es habillé. Maintenant, c’est l’heure du petit-déjeuner ! »
  • Le rendre actif. Votre enfant retourne ou déplace chaque carte vers « fait ».
  • Féliciter. Reconnaissez l’effort, surtout pour les étapes peu amusantes : « Tu as rangé ! Tu dois être fier. »

Espace Inclusif ajoute de laisser l’enfant choisir certains pictogrammes ou l’ordre des activités, de garder les mêmes repères jour après jour et de féliciter chaque étape réalisée seul. Alcuin Fonds insiste sur l’évolution : « Un tableau rituel n’est pas figé et doit évoluer avec l’enfant. » Enfin, Pass Éducation rappelle qu’il ne faut pas être trop rigide sur le déroulé et les horaires, surtout pendant les vacances, et que l’ordre de certains gestes peut varier. Un tableau fait avec votre enfant a bien plus de chances d’être utilisé qu’un tableau fait pour lui.

Pour voir l’idée expliquée par des thérapeutes, The Children’s Institute of Pittsburgh, un centre de rééducation pédiatrique, partage dans cette courte vidéo des conseils d’ergothérapie sur les emplois du temps visuels :

Conseils d’ergothérapie : les emplois du temps visuels (The Children’s Institute of Pittsburgh) (en anglais)

Quand la routine visuelle enfant ne fonctionne pas

Il est normal que la première version demande des retouches. Voici les situations les plus courantes.

  • Votre enfant l’ignore. Vérifiez qu’elle est à sa hauteur, près du lieu de la routine, et utilisez-la vous-même à chaque fois. Essayez moins d’étapes ou un tableau « d’abord, ensuite ».
  • Votre enfant refuse une étape. Placez-la avant quelque chose qu’il aime, ou découpez-la plus finement (« chaussettes » au lieu de « s’habiller »).
  • Il y a trop d’étapes. Réduisez à trois ou quatre ; vous pourrez en ajouter plus tard.
  • Le programme change. Ajoutez une carte vide ou une carte « surprise » pour les jours où les plans changent, et prévenez votre enfant à l’avance quand c’est possible.
  • Votre enfant se lasse au bout de quelques semaines. Changez les images, le support ou l’ordre, en le laissant décider. Une routine met souvent des semaines à s’installer.

Si vous utilisez aussi un système de points, gardez les deux outils séparés : le tableau montre ce qui vient ensuite, tandis que les récompenses sont un autre outil. Nous en parlons dans notre guide sur le tableau de récompense pour enfant.

Où un livre peut vous aider

Une routine visuelle enfant fonctionne mieux dans une journée plus calme, et on la tient plus facilement quand on dispose d’autres idées. 100 Façons d’Assister les Enfants Atteints de TDAH et de TDA de Magda Pabst est un cahier pratique pour les parents et les enseignants d’enfants d’environ 3 à 12 ans. Dans son chapitre sur le soutien émotionnel et un environnement familial ou scolaire rassurant, il propose des routines stables et claires, avec un emploi du temps de la journée planifié avec l’enfant et des listes de devoirs bien visibles avec des coches ou des autocollants. D’autres chapitres ajoutent un jeu de minuteur pour les devoirs, des pauses actives, une routine du soir apaisante et un espace calme.

Le point de vue de Magda Pabst

Dans 100 Façons d’Assister les Enfants Atteints de TDAH et de TDA, Magda Pabst rend la journée visible grâce à un grand calendrier mural que l’enfant aide à mettre à jour chaque matin ; pour les plus grands, une application d’agenda avec des rappels peut jouer le même rôle. Parent et enfant le regardent ensemble au début et à la fin de la journée, pour fêter ce qui a bien marché et parler de ce qui a été difficile. Son objectif à long terme : que l’enfant tienne son calendrier à jour tout seul. C’est une bonne boussole pour toute routine visuelle : on la remplit ensemble au début, puis on passe le crayon à l’enfant petit à petit.

Chez Books Go Publications, chaque guide s’appuie sur des sources fiables et passe entre les mains de relecteurs de langue maternelle, en français comme en anglais, en allemand et en espagnol : c’est pourquoi cette page renvoie directement aux études plutôt qu’à des résumés.

Le livre est écrit pour des enfants ayant un TDAH, mais beaucoup de ses routines conviennent à la plupart des enfants. C’est un ensemble d’idées à choisir et à adapter, pas un outil médical ni un diagnostic, et chaque enfant est différent. Les encadrés de cette page présentent les titres de Books Go Publications pour les enfants.

D’autres guides qui vont avec un emploi du temps

Retrouvez d’autres guides sur le blog de Books Go Publications et sur la page d’accueil de Books Go Publications.

Quand consulter un professionnel

Les routines et les images sont des aides du quotidien, pas un diagnostic ni un traitement. Parlez-en au pédiatre ou au médecin de votre enfant, à son enseignant ou à un psychologue si :

  • votre enfant a de fortes difficultés, fréquentes, avec les routines, les transitions ou l’attention, malgré des repères clairs ;
  • les matins ou les couchers se terminent par de grosses crises presque tous les jours pendant plusieurs semaines ;
  • vous remarquez un retard de langage ou de compréhension, ou vous vous inquiétez d’un TDAH, d’un autisme ou d’une autre difficulté ;
  • vous vous sentez épuisé ou dépassé par le quotidien.

Pour le TDAH, les CDC (Centers for Disease Control and Prevention) américains rappellent que l’Académie américaine de pédiatrie recommande d’abord une thérapie comportementale pour les enfants de moins de 6 ans, et que la forme la plus efficace est la formation des parents à la gestion des comportements (CDC, en anglais). Demander de l’aide fait partie du rôle de parent, ce n’est pas un échec.

À qui cela s’adresse

Une routine visuelle est un outil simple qui convient à beaucoup de familles et de classes.

  • Parents d’enfants de maternelle : les images permettent à un enfant qui ne lit pas encore de voir ce qui vient ensuite, ce qui apaise souvent les matins et les couchers.
  • Familles d’un enfant avec un TDAH ou un autisme : un ordre fixe et une colonne « fait » découpent la journée en petites étapes visibles, comme le conseillent le NCPMI et CHADD.
  • Enseignants et assistantes maternelles : les mêmes cartes aident tout un groupe à se préparer au passage d’une activité à l’autre.
  • Parents d’enfants d’âge scolaire : une liste écrite permet à un enfant plus grand de prendre sa routine en main et de gagner en autonomie.

Les termes clés

  • Routine visuelle : une suite d’images, de photos ou de mots qui montre dans l’ordre les étapes d’un moment de la journée.
  • Pictogramme : un dessin simple qui représente une action ou un objet, compréhensible sans savoir lire.
  • Supports visuels : des images, des objets ou des repères écrits qui indiquent à l’enfant ce qui se passe ou ce qu’il doit faire.
  • Tableau « d’abord, ensuite » : une carte à deux cases, une tâche maintenant et une activité agréable juste après.
  • Transition : le moment où l’enfant arrête une activité pour passer à la suivante.
  • Pratique fondée sur des preuves : une méthode que plusieurs études de bonne qualité ont jugée utile.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une routine visuelle pour enfant ?

C’est une suite d’images, de photos ou de mots simples qui montre dans l’ordre les étapes d’un moment de la journée. L’enfant peut la regarder pour savoir ce qui vient ensuite, ce qui rend la journée plus prévisible. Elle peut couvrir une courte routine ou toute la journée.

À partir de quel âge peut-on utiliser une routine visuelle ?

Un tableau rituel s’adresse en général à des enfants de 2 à 6 ans, d’après Alcuin Fonds, et une liste écrite convient aux plus grands. Il n’y a pas d’âge unique : choisissez le support qui correspond à la façon dont votre enfant comprend les images et les mots.

Combien d’étapes faut-il prévoir ?

Commencez par trois à six étapes pour un seul moment de la journée. Si c’est trop pour votre enfant, utilisez un tableau « d’abord, ensuite » à deux cartes, puis ajoutez des étapes peu à peu.

Photos ou dessins ?

Les deux peuvent convenir. Certains enfants réagissent mieux aux vraies photos, et photographier votre enfant en train de faire chaque geste est un bon premier essai. Des images simples et sans décor chargé fonctionnent aussi.

Faut-il aussi un tableau de récompenses ?

Pas forcément. La routine visuelle montre ce qui vient ensuite et aide votre enfant à se préparer. Les récompenses sont un autre outil, et certaines familles préfèrent ne pas les relier.

Quand arrêter d’utiliser le tableau ?

Il n’y a pas de date limite. L’aide de l’adulte diminue progressivement à mesure que l’enfant gagne en autonomie : vous pouvez d’abord arrêter de le guider, puis garder le tableau comme rappel tant qu’il sert.

Sources

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un diététicien ou d’un autre professionnel qualifié.