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Manque d'empathie : signes et 7 façons de la développer

Développement personnel

Books Go Team · Publié le · 8 min de lecture

Un manque d’empathie se voit rarement dans un grand moment : il se glisse dans de petites scènes répétées, où quelqu’un confie un souci et reçoit en retour un conseil pressé, une plaisanterie ou un haussement d’épaules. Ce n’est pas un interrupteur « tout ou rien » : l’empathie se mesure plutôt sur un spectre, elle peut baisser quand on est fatigué ou stressé, et c’est une capacité qui se travaille. Vous trouverez ici les signes du quotidien, quelques causes possibles, sept habitudes pour développer l’empathie et les phrases qui vont avec.

En bref :

  • Le manque d’empathie n’est pas une étiquette, c’est un spectre.
  • Signes fréquents : juger les émotions, plaisanter à contretemps, conseiller trop vite.
  • Stress, épuisement et manque de pratique peuvent la faire baisser.
  • L’écoute et la curiosité permettent de la développer.
  • Si cela cause un vrai tort, parlez-en à un professionnel.
Manque d'empathie : signes et 7 façons de la développer
Dans cet article · 8 min de lecture
  1. Deux formes d’empathie
  2. Les signes d’un manque d’empathie
  3. D’où peut venir un manque d’empathie
  4. Développer son empathie : 7 habitudes concrètes
  5. L’empathie en pratique : réponses qui coupent, réponses qui relient
  6. Un programme d’une semaine
  7. Ce que le livre apporte
  8. Quand consulter un professionnel
  9. Questions sur le manque d’empathie
  10. Sources

La définition la plus simple est celle qu’en donne Unobravo : se mettre à la place de l’autre pour le comprendre, en partageant son état émotionnel, ce qui la distingue de la sympathie, qui exprime de l’intérêt ou de la peine sans partager l’émotion (Unobravo). Quand on dit de quelqu’un qu’il « n’a aucune empathie », on veut souvent dire qu’à ce moment, avec cette personne, il n’est pas sur la même longueur d’onde. Parfois, cette personne, c’est nous. Autant savoir comment changer cela.

Manque d’empathie : quatre étapes pour développer l’empathie, observer, imaginer, demander, répondre
Manque d’empathie : quatre étapes pour développer l’empathie, observer, imaginer, demander, répondre

Deux formes d’empathie

Les chercheurs distinguent deux composantes. L’article de la RTBF consacré à la question les décrit ainsi : l’empathie affective, qui consiste à ressentir ce que l’autre éprouve, et l’empathie cognitive, qui consiste à comprendre l’origine de l’émotion et à adopter le point de vue de l’autre. C’est leur équilibre qui rend une personne empathique, ajoute l’article (RTBF, mai 2023). Unobravo ajoute une troisième notion, l’empathie compassionnelle : l’envie d’agir de façon prosociale à partir de cette compréhension.

C’est utile au quotidien, parce qu’on peut avoir l’une sans l’autre. Vous pouvez comprendre très bien pourquoi un collègue est bouleversé et pourtant ne rien dire d’utile. Ou ressentir si fort la détresse de quelqu’un que vous vous éloignez. Les habitudes ci-dessous agissent surtout sur la part cognitive et sur la manière de répondre, c’est-à-dire ce que l’on peut travailler volontairement.

Les signes d’un manque d’empathie

Aucun de ces signes ne prouve quoi que ce soit à lui seul. Mais lorsque plusieurs reviennent régulièrement, le schéma mérite d’être remarqué :

  • Juger ou critiquer les émotions. « Tu exagères », « Tu es trop sensible ».
  • Minimiser ce que l’autre raconte. Changer de sujet ou comparer : « Ce n’est rien, écoute ce qui m’est arrivé. »
  • Plaisanter ou paraître indifférent juste après une confidence triste.
  • Donner un conseil avant d’avoir compris. La solution arrive dans les dix premières secondes.
  • Ne pas voir l’effet de ses mots. L’autre se tait, et on ne demande pas pourquoi.
  • Des frictions fréquentes dans les relations, avec des deux côtés l’impression que « personne ne me comprend ».
  • Reprocher aux gens leurs propres difficultés sans se demander dans quel contexte elles surviennent.

Un mot pour la personne qui se reconnaît dans cette liste : ce n’est pas un verdict. Lire ces lignes et vouloir mieux faire, c’est déjà de l’attention portée aux autres.

D’où peut venir un manque d’empathie

Unobravo cite l’alexithymie, c’est-à-dire la difficulté à reconnaître et à exprimer ses émotions, qui peut limiter la compréhension de celles d’autrui. Psych Central, un site de santé mentale en anglais, ajoute le stress prolongé, l’épuisement, l’évitement émotionnel et le peu d’occasions de pratiquer l’empathie, ou d’en voir autour de soi pendant l’enfance. Certains troubles de la personnalité sont aussi associés à une faible empathie, mais nous ne poserons aucun diagnostic ici : une étiquette comme « narcissique » ne se colle pas à partir de quelques conversations, et elle n’aide pas à décider quoi dire ensuite.

Ce qui vous sera plus utile, c’est la part ordinaire de la liste. Si vous êtes épuisé, débordé ou habitué à cacher vos propres émotions, il vous reste moins de place pour celles des autres. Dans ce cas, de petits changements de rythme, de repos et d’habitudes de conversation font souvent une différence visible.

Développer son empathie : 7 habitudes concrètes

L’entraînement à l’empathie a été étudié. Une méta-analyse de 18 essais contrôlés randomisés, portant sur 1 018 participants, a trouvé un effet moyen de l’entraînement sur l’empathie (Teding van Berkhout et Malouff, Journal of Counseling Psychology, 2016) ; ses auteurs concluent qu’il tend à être efficace (notice de l’Université de Nouvelle-Angleterre). Cela ne dit pas quel exercice vous conviendra le mieux : prenez donc la liste ci-dessous comme des pistes à essayer, pas comme un programme qui marche de la même façon pour tout le monde.

  1. Écoutez d’abord, pendant une minute entière. Ne proposez pas de solution. Notre guide sur l’écoute active détaille les étapes : reformuler, poser une question ouverte, résumer. Unobravo la présente d’ailleurs comme une façon d’améliorer l’empathie, en s’appuyant sur quatre règles de Thomas Gordon : être attentif aux détails, montrer sa compréhension, montrer de l’intérêt et reformuler.
  2. Nommez ce que vous percevez, comme une hypothèse. « J’ai l’impression que c’était frustrant. C’est bien ça ? »
  3. Soyez curieux de son monde. Demandez « Comment l’as-tu vécu ? » plutôt que de supposer. Notre livre propose aussi d’accepter que votre vision du monde n’est pas la réalité et de questionner vos propres préjugés.
  4. Traitez les gens comme ils veulent être traités. Pas comme vous aimeriez l’être. En cas de doute, demandez : « Tu veux des idées, ou tu veux surtout que je t’écoute ? »
  5. Cherchez un terrain commun. Penser à quelqu’un de très différent de soi et lister ce que l’on a en commun est un moyen rapide de voir une personne plutôt qu’une catégorie.
  6. Retenez la solution immédiate. Un conseil non demandé laisse souvent entendre que « vos émotions sont un problème à résoudre ». Proposez-le quand on vous y invite.
  7. Montrez-vous un peu vulnérable. Partager un sentiment à vous, simplement, aide l’autre à s’ouvrir à son tour. Le livre en fait l’un de ses conseils.

Votre corps parle aussi. Posture, regard, ton de la voix : posez votre téléphone et tournez-vous vers la personne. Si vous souhaitez approfondir ce point, notre article sur le langage corporel peut vous aider.

L’empathie en pratique : réponses qui coupent, réponses qui relient

L’autre dit… Réponse qui coupe Réponse empathique
« Je suis épuisé, le travail est trop lourd. » « Tout le monde est fatigué, tiens bon. » « Ça a l’air pesant. Qu’est-ce qui te pèse le plus ? »
« Je suis nerveux pour demain. » « Il n’y a aucune raison de s’inquiéter. » « C’est normal d’être nerveux. Qu’est-ce qui t’aiderait ce soir ? »
« Mon amie a oublié mon anniversaire. » « Ce n’est qu’un anniversaire. » « Ça a dû faire mal. As-tu pensé à lui en parler ? »
« J’ai fait une erreur au travail. » « Je te l’avais dit. » « Ce n’est pas facile. Tu veux qu’on en parle ? »

Dans chaque réponse empathique, le premier geste est de comprendre, le second de demander. Remarquez aussi qu’aucune ne dit « je sais exactement ce que tu ressens ». Vous ne le savez pas, et l’autre le sait généralement.

Manque d’empathie : réponses qui coupent et réponses qui relient
Manque d’empathie : réponses qui coupent et réponses qui relient

Un programme d’une semaine

Choisissez une habitude par jour et utilisez-la dans une vraie conversation. Cinq à dix minutes suffisent.

Jour À faire
1 Écouter une minute sans donner de conseil.
2 Poser une question ouverte : « Comment l’as-tu vécu ? »
3 Nommer une émotion comme une hypothèse : « J’ai l’impression que… »
4 Demander à quelqu’un comment il préfère être soutenu.
5 Trouver un point commun avec quelqu’un de très différent.
6 Lire dix pages de roman en notant ce que ressent un personnage.
7 Faire le bilan : quelle réponse a le mieux ouvert la conversation ?

Si une journée se passe mal, recommencez-la le lendemain. Le but n’est pas d’être parfaitement empathique, mais de remarquer plus souvent qu’avant.

Ce que le livre apporte

L’empathie n’est qu’une partie d’un manuel plus large sur la communication, Rhétorique, Communication Assertive et Écoute Active de Sylvestre Moulins, disponible en français. Son chapitre 12, « Assertivité, écoute active et empathie », contient 15 conseils sur l’empathie, parmi lesquels : accepter que votre vision du monde n’est pas la réalité et questionner vos préjugés, être curieux et écouter plus que vous ne parlez, traiter les autres comme ils veulent être traités, faire des compliments sincères, se montrer vulnérable, chercher un terrain commun et éviter les conseils non sollicités.

Ce n’est pas un livre clinique et il ne traite pas de troubles. C’est un manuel général pour parler aux gens et entrer en relation avec eux, avec des chapitres sur le langage corporel, la persuasion, la négociation et la prise de parole en public : vous pouvez lire le chapitre sur l’empathie seul et le reste plus tard.

Retrouvez d’autres guides pratiques sur le blog Books Go et sur la page d’accueil de Books Go Publications.

Quand consulter un professionnel

Travailler son empathie relève de la communication du quotidien, pas de la thérapie. Si un manque d’empathie cause un vrai tort, par exemple des conflits répétés que vous n’arrivez pas à résoudre, une relation où quelqu’un est blessé ou contrôlé, ou une détresse face à votre propre engourdissement émotionnel, parlez-en à un médecin ou à un professionnel de la santé mentale. En cas de crise ou d’inquiétude pour la sécurité de quelqu’un, vous pouvez trouver des lignes d’écoute dans l’annuaire international Find a Helpline.

Questions sur le manque d’empathie

Qu’est-ce que le manque d’empathie ?

C’est une difficulté à comprendre ou à répondre à ce que ressent une autre personne. Il se situe sur un spectre et peut être passager, par exemple pendant une période de stress ou d’épuisement, ou plus durable.

Quels sont les signes d’un manque d’empathie ?

Juger ou minimiser les émotions des autres, plaisanter quand quelqu’un est bouleversé, conseiller très vite et ne pas remarquer l’effet de ses mots. Un signe isolé ne veut pas dire grand-chose ; c’est la répétition qui compte.

Peut-on développer son empathie ?

Dans la plupart des cas, oui. Une méta-analyse d’essais contrôlés a conclu que l’entraînement à l’empathie tend à être efficace, avec des résultats qui varient d’une personne à l’autre. L’écoute active, la curiosité et l’observation des signaux non verbaux sont de bons points de départ.

Quelle est la différence entre empathie et sympathie ?

L’empathie vise à comprendre, et peut aller jusqu’à partager l’émotion de l’autre ; la sympathie exprime plutôt de l’intérêt ou de la peine, sans partager l’émotion (Unobravo). Wikipédia cite Lauren Wispé : l’empathie serait « un mode de connaissance », la sympathie « un mode de rencontre avec autrui ».

Le manque d’empathie est-il une maladie mentale ?

Pas en soi. Il peut être lié au stress, à l’histoire personnelle ou à certaines difficultés, mais seul un professionnel qualifié peut en juger. Évitez de poser un diagnostic à distance.

Comment réagir face à quelqu’un qui manque d’empathie ?

Dites clairement ce dont vous avez besoin (« J’aimerais que tu m’écoutes d’abord »), formulez des demandes courtes et posez une limite si vous êtes blessé. En cas de violence, de contrôle ou de peur, demandez l’aide d’un professionnel ou d’une ligne d’écoute.

Sources