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Pression des pairs : dire non à ses amis, 5 étapes

Ados

Books Go Team · Publié le · 8 min de lecture

La pression des pairs, c’est l’envie ou l’obligation ressentie de faire comme les autres de ton groupe, et on peut y résister en quatre gestes : repérer la pression, faire une pause avant de répondre, dire un « non » court, puis passer à autre chose. Pas besoin de grand discours ni d’excuse parfaite. De vrais amis peuvent vivre avec ton « non », et ceux qui n’y arrivent pas te disent quelque chose d’utile sur cette amitié.

En bref :

  • La pression peut être bruyante ou silencieuse, comme « tout le monde le fait ».
  • Fixe tes limites avant la situation, pas pendant.
  • Un « non, merci » court marche mieux qu’une longue excuse.
  • Un seul allié dans le groupe rend le refus bien plus facile.
  • Si la situation semble dangereuse, parles-en à un adulte.
Pression des pairs : dire non à ses amis, 5 étapes
Dans cet article · 8 min de lecture
  1. Pourquoi c’est si dur de dire non
  2. Pression des pairs : 5 étapes pour y résister
  3. Des phrases toutes prêtes pour dire non à ses amis
  4. Le test des 10 secondes : oui ou non ?
  5. Un allié et une porte de sortie
  6. « Tout le monde le fait » : vrai ou faux ?
  7. Et si la pression vient d’un ami proche ?
  8. Ce que dit le livre
  9. Quand en parler à un adulte
  10. Questions fréquentes
  11. Sources

La pression des pairs, c’est l’influence que les jeunes de ton âge exercent sur toi. Elle peut être dite à voix haute ou seulement suggérée. Le service d’écoute Jeunesse, J’écoute explique qu’à l’adolescence on a tendance à faire comme les autres, qu’il s’agisse d’une bonne ou d’une mauvaise idée, parce que l’opinion de nos proches nous importe (Jeunesse, J’écoute, 2019, mis à jour en 2023). Elle n’est pas toujours mauvaise : le groupe peut aussi t’aider à apprendre et à te soutenir. Le problème commence quand il te pousse vers quelque chose qui ne te ressemble pas.

Pression des pairs : quatre étapes, de la pression repérée au « non » assumé
Pression des pairs : quatre étapes

Pourquoi c’est si dur de dire non

Dire non à ses amis est difficile parce que vouloir appartenir à un groupe est normal. Pass’Santé Jeunes le dit simplement : à l’adolescence, tu cherches ta place, et pour être accepté(e) tu peux être tenté(e) de vivre des expériences dont tu n’as pas envie. Résister à l’influence de tes camarades « demande beaucoup de courage et de force intérieure » (Pass’Santé Jeunes). Si tu as déjà suivi le groupe alors que tu n’en avais pas envie, tu es en très bonne compagnie.

Pression des pairs : 5 étapes pour y résister

  1. Écoute ton instinct. Si quelque chose te met mal à l’aise, même si les autres ont l’air d’accord, prends cette sensation au sérieux. Elle te dit quelque chose sur toi.
  2. Fais une pause. Tu as le droit de prendre deux secondes. Demande-toi : Est-ce que j’en ai vraiment envie ? Est-ce que je le ferais seul(e) ? Comment je me sentirai demain ? Si les deux premières réponses sont non, tu as ta réponse. Pass’Santé Jeunes propose d’analyser le rapport risque/bénéfice avant de choisir.
  3. Prépare-toi. Si tu sais d’où la pression viendra (une soirée, un groupe de discussion, une récré), décide de ta réponse à l’avance et répète-la à voix haute.
  4. Reste bref. Dis-le une fois, calmement, sans t’excuser : « Non, merci. » « Pas pour moi. » « Je passe. »
  5. Passe à autre chose. Change de sujet, va voir un autre groupe ou propose une autre idée. Tu ne fuis pas : tu choisis ce que tu fais ensuite.

Des phrases toutes prêtes pour dire non à ses amis

Beaucoup de jeunes n’arrivent pas à dire non parce que leur esprit se vide au mauvais moment. Voici des phrases prêtes à l’emploi, de la plus douce à la plus ferme. Choisis celles qui te ressemblent et essaie-les devant un miroir.

La situation Ce que tu peux entendre Ce que tu peux répondre
Un défi « T’as peur ou quoi ? Vas-y. » « Pas pour moi. Toi, tu le fais, moi, je regarde. » (Seulement si c’est sans danger.)
Sécher un cours « Allez, personne ne le saura. » « Je vais en cours. On se retrouve après. »
Une blague méchante « C’est pour rire, c’est sur lui. » « Moi, je ne trouve pas ça drôle. On parle d’autre chose ? »
Dépenser de l’argent « Tout le monde en a un. » « J’économise. Peut-être plus tard. »
Un ami insiste « Tu es trop nul(le). » « Peut-être, mais je ne le fais pas. On fait la partie ? »
On insiste encore et encore « Pourquoi tu dis toujours non ? » « Parce que c’est mon choix. J’ai besoin que tu arrêtes. »

Trois astuces se cachent dans ce tableau. D’abord l’humour, qui détend l’ambiance. Ensuite la solution de rechange : tu dis oui à l’ami, même si tu dis non à l’idée. Enfin la dernière ligne : si quelqu’un insiste après un non clair, tu peux dire franchement que tu n’aimes pas qu’on te mette la pression.

Le test des 10 secondes : oui ou non ?

Toutes les demandes d’un ami ne sont pas de la pression. Parfois, un ami te propose un nouveau sport et tu adores. Avant de répondre à une proposition qui te laisse un doute, pose-toi ces questions :

  • Est-ce que je le ferais si personne ne regardait ? Sinon, tu le fais pour eux.
  • Quelqu’un pourrait-il se faire mal, ou pourrais-je avoir de vrais ennuis ? Si oui, c’est non, quoi qu’en pense le groupe.
  • Serai-je fier(ère) de ça demain ? Si tu as déjà la boule au ventre, écoute-la.
  • Est-ce que je pourrai revenir en arrière ? Une blague qu’on regrette n’est pas un tatouage fait sur un coup de tête.

Un allié et une porte de sortie

Pass’Santé Jeunes conseille de chercher un allié dans ton groupe, une personne qui partage tes valeurs. Avoir une seule personne à tes côtés change beaucoup de choses, pour toi comme pour elle. Pense aussi à une porte de sortie : convenez d’un mot de code avec un parent ou un grand frère ou une grande sœur, par exemple un message qui dit « Peux-tu venir me chercher ? J’ai très mal à la tête. » Tu peux ainsi partir sans perdre la face.

« Tout le monde le fait » : vrai ou faux ?

Une grande partie de la pression vient de l’idée que tout le monde le fait. Le RESPADD, réseau de prévention des addictions, explique dans sa lettre aux parents que beaucoup de jeunes sont persuadés que la plupart de leurs camarades ont déjà bu, fumé ou consommé du cannabis, et que cette image faussée peut les pousser à se conformer à ce qu’ils croient être la norme. En réalité, précise-t-il, de nombreux adolescents ne fument pas, ne boivent pas et ne consomment aucune drogue (RESPADD, 2018). Quand tu entends « tout le monde le fait », demande-toi qui est « tout le monde ». Souvent, ce sont deux ou trois personnes qui parlent fort.

Et si la pression vient d’un ami proche ?

La pression d’un meilleur ami pèse plus lourd que celle d’un inconnu, et le RESPADD le souligne aussi. Si un ami te pousse sans cesse vers des choses dont tu n’as pas envie, regarde la régularité : accepte-t-il ton non, ou te le fait-il payer ? Notre article sur les signes d’une amitié toxique peut t’aider à regarder toute l’amitié, pas seulement une soirée. On peut rester ami avec quelqu’un et refuser de le suivre.

Ce que dit le livre

100 Mystères sur la Puberté Pour les Garçons, de Magda Pabst, te parle directement, avec beaucoup d’humour. Il consacre un court passage à la pression sociale et un autre qui t’invite à ne pas être un suiveur, avec le même genre de conseils que cet article : t’arrêter pour te demander si tu en as vraiment envie, dire « non », t’éloigner, connaître tes points forts, voir tes erreurs comme des leçons et t’entourer de personnes positives. Il aborde aussi les défis dangereux, le vol à l’étalage et les tatouages faits sur un coup de tête, et il revient sur les amis, le harcèlement et la demande d’aide dans d’autres parties. Il ne propose ni quiz ni exercices, et certains passages sont directs sur la sexualité et la santé : un parent voudra peut-être le feuilleter d’abord.

Ce n’est pas un livre médical, et il ne remplace pas un adulte de confiance.

Quand en parler à un adulte

Parles-en à un parent, à un enseignant, à un entraîneur ou à un autre adulte de confiance si :

  • la pression concerne des drogues, de l’alcool, des armes ou tout ce qui pourrait te blesser ou blesser quelqu’un ;
  • quelqu’un te menace, ou continue d’insister après un non clair ;
  • on te pousse à envoyer des photos privées, à enfreindre la loi ou à faire du mal à quelqu’un ;
  • tu te sens anxieux(se), seul(e) ou déprimé(e) à cause de tes amis.

En parler à un adulte, ce n’est pas balancer : c’est te protéger, toi et tes amis. Si tu as besoin de parler à quelqu’un tout de suite, l’annuaire international findahelpline.com recense des lignes d’écoute gratuites dans le monde entier. Pour d’autres questions de garçon, lis notre article sur la mue de la voix et celui sur l’hygiène et la routine du déodorant. Retrouve d’autres guides sur le blog Books Go et tous nos livres sur la page d’accueil de Books Go Publications.

Questions fréquentes

Comment dire non à mes amis sans les perdre ?

Reste bref, aimable et calme, et propose autre chose à faire ensemble. Un ami qui te respecte acceptera en général ton choix. Si un ami s’éloigne parce que tu as refusé quelque chose dont tu n’avais pas envie, demande-toi si cette amitié te faisait du bien.

La pression des pairs est-elle toujours mauvaise ?

Non. Les amis peuvent aussi se soutenir, s’encourager et partager des passions. La pression qui compte est celle qui te pousse vers quelque chose qui te met mal à l’aise.

Et si j’ai cédé et que je le regrette ?

Ça arrive à presque tout le monde. Ne t’en veux pas trop : réfléchis à ce que tu ferais autrement, prépare ta phrase pour la prochaine fois et, si c’était sérieux, parles-en à un adulte. Une erreur est une information, pas un verdict sur qui tu es.

Comment savoir si c’est de la pression ou juste du plaisir entre amis ?

Regarde ce que tu ressens. Si tu es enthousiaste et libre de dire non, c’est sans doute juste amusant. Si tu es mal à l’aise, si tu as peur de ce qu’ils diront ou d’être mis(e) à l’écart en cas de refus, c’est de la pression.

Que répondre quand on me lance un défi ?

Tu peux en rire (« Pas aujourd’hui »), dire « Je ne fais pas de défis », ou proposer une version plus sûre. Si le défi peut blesser quelqu’un, dis non et pars. Personne n’a à prouver quoi que ce soit en prenant un risque.

À qui parler si je me sens tout le temps sous pression ?

À un parent, un enseignant, un conseiller, un entraîneur ou n’importe quel adulte de confiance. Si personne ne te vient à l’esprit, une ligne d’écoute listée sur findahelpline.com est un bon début.

Sources

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un diététicien ou d’un autre professionnel qualifié.