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Amitié toxique : 8 signes et comment s’en sortir

Ados

Books Go Team · Publié le · 9 min de lecture

Une amitié toxique, c’est une amitié qui te fait plus de mal que de bien, et pas une seule fois : souvent, et de façon qui se répète. Le meilleur indice, c’est ce que tu ressens après avoir passé du temps avec cette personne. Un·e bon·ne ami·e te laisse plutôt en sécurité, écouté·e et toi-même. Un·e ami·e toxique te laisse petit·e, tendu·e, coupable ou vidé·e. Une dispute ou une mauvaise journée ne suffit pas pour parler de toxicité : c’est le schéma qui compte, et tu as le droit d’agir.

En bref :

  • Cherche un schéma qui se répète, pas une seule mauvaise journée.
  • Signes fréquents : pression, moqueries, jalousie, confiance brisée, effort à sens unique.
  • Tu peux en parler, faire une pause, t’éloigner doucement ou y mettre fin.
  • Appuie-toi sur ta famille et sur d’autres ami·es pendant que tu réfléchis.
  • Parle à un adulte si tu te sens en danger ou harcelé·e.
Amitié toxique : 8 signes et comment s’en sortir
Dans cet article · 9 min de lecture
  1. Amitié toxique : 8 signes pour la reconnaître
  2. Mauvaise passe ou amitié toxique ? Cinq questions
  3. Quatre façons d’avancer (et quoi dire)
  4. Quand c’est plus grave qu’un problème d’amitié
  5. Où le livre s’intègre
  6. Foire aux questions
  7. Sources

Tel-Jeunes, un service d’aide pour les jeunes, décrit les signes d’une amitié toxique avec des mots simples : tu es souvent déçu·e, tu ressens de la pression à faire des choses qui ne te conviennent pas, tu n’as pas confiance en l’autre, la personne te manque de respect même quand tu lui dis que tu n’aimes pas ça, vous vous disputez souvent, ou la jalousie et la peur persistent malgré tes efforts (Tel-Jeunes). Le message central est tout aussi important : tu mérites une amitié saine, et tu peux t’éloigner d’une relation qui te fait du mal.

Amitié toxique : une mauvaise passe normale comparée à un schéma toxique
Amitié toxique : mauvaise passe ou schéma toxique

Amitié toxique : 8 signes pour la reconnaître

Aucune amitié n’est parfaite et aucune liste ne lit dans les pensées de ton ami·e. Prends ces signes comme des questions à te poser. Plusieurs signes réunis, pendant des semaines ou des mois, en disent bien plus qu’un seul signe un jour donné.

Signe À quoi ça peut ressembler
La pression « Si tu étais vraiment mon ami·e, tu le ferais. » Tu dis oui à des choses dont tu n’as pas envie.
Les moqueries Des blagues sur ton look, tes notes ou ta famille qui piquent, puis « je rigolais » quand tu le dis.
La jalousie Tes bonnes nouvelles reçoivent un haussement d’épaules ou sont ramenées à l’autre.
Les ragots et la confiance brisée Ce que tu as dit en confidence est répété, ou tu apprends ce qui se dit dans ton dos.
L’effort à sens unique Tu écoutes, tu aides, tu es là. Quand tu as besoin de quelque chose, l’autre est occupé·e.
Le contrôle L’autre se fâche quand tu vois d’autres personnes, ou décide avec qui tu as le droit de parler.
Jamais de « pardon » Chaque dispute se termine par tes excuses, jamais par les siennes.
Ce que tu ressens après Tu es stressé·e avant de la ou le voir, et fatigué·e, coupable ou plus petit·e après.

Le média RTBF cite des signes proches : l’autre ne te laisse pas placer un mot, minimise tes réussites, impose ses idées et se sert de l’amitié pour te culpabiliser, exige que tu sois toujours disponible, ou se plaint sans cesse au point de « pomper » ton énergie (RTBF, 2017).

Fil Santé Jeunes ajoute des signaux d’alerte plus discrets : te sentir mal à l’aise, humilié·e ou rabaissé·e en sa présence ; des proches qui trouvent que tu as changé ; des notes qui baissent ; le fait de t’isoler ; ou l’impression que quelque chose cloche sans savoir pourquoi (Fil Santé Jeunes).

Mauvaise passe ou amitié toxique ? Cinq questions

De bon·nes ami·es se disputent aussi, oublient de répondre et traversent des semaines difficiles. Avant de décider quoi que ce soit, pose-toi ces questions, qui s’inspirent de celles de Fil Santé Jeunes :

  1. Puis-je lui faire confiance ? Si je confie quelque chose de privé, est-ce que ça reste privé ?
  2. Puis-je être moi-même ? Ou est-ce que je joue un rôle quand je suis avec elle ou lui ?
  3. Est-ce que je me sens soutenu·e ? Quand j’ai besoin d’aide, est-ce que l’autre est là, au moins de temps en temps ?
  4. Est-ce que ça va dans les deux sens ? L’autre s’intéresse-t-il à ma vie, à mes sentiments, à mes projets ?
  5. Est-ce que ça change ? Quand je dis « ça m’a fait mal », est-ce que l’autre m’écoute, ou est-ce que ça recommence ?

Si la plupart des réponses sont « non » et que ça dure, ce n’est probablement pas une simple mauvaise passe. Tel-Jeunes propose un outil simple : écris ce que tu apprécies et ce qui te déplaît dans cette amitié, puis regarde de quel côté la balance penche. Prends aussi le temps de réfléchir avant de décider : ce sont tes choix et ton rythme.

Une nuance juste : certaines personnes font du mal volontairement, mais beaucoup ne se rendent pas compte de ce qu’elles provoquent. Ça ne t’oblige pas à tout supporter. Ça veut seulement dire que tu peux choisir comment agir, sans en faire une guerre.

Quatre façons d’avancer (et quoi dire)

Beaucoup de conseils s’arrêtent à « coupe les ponts ». Dans la vraie vie, tu as plusieurs options, et tu n’as pas à choisir la plus radicale en premier. Voici quatre pistes, de la plus douce à la plus ferme.

Option Quand elle convient Ce que tu peux dire
1. En parler Le comportement fait mal, mais tu penses que l’autre peut changer. « Quand tu te moques de mes notes devant les autres, ça me fait mal. J’aimerais que tu arrêtes. »
2. Faire une pause Tu n’es pas prêt·e à décider, ou tu as besoin de te calmer. « J’ai besoin d’un peu d’espace. Ce n’est pas une punition, j’ai juste besoin de réfléchir. »
3. T’éloigner doucement Tu ne veux pas de scène, et vous êtes dans la même classe ou le même groupe. Réponds gentiment mais brièvement, refuse certains plans, passe plus de temps avec d’autres personnes.
4. Y mettre fin Rien ne change après avoir parlé, ou tu ne te sens pas en sécurité. « Je ne crois pas que cette amitié me fasse du bien, alors je m’éloigne. Je te souhaite le meilleur. »

Quelques conseils valables pour les quatre :

  • Parle en face ou de vive voix si tu peux. Les messages sont mal compris, et les captures d’écran circulent.
  • Reste calme et reste sur les faits. « Tu as raconté mon secret au groupe » est plus clair que « Tu es horrible ».
  • Ne reste pas seul·e. Parle de ce qui se passe et de ce que tu comptes faire à un parent, un frère ou une sœur plus âgé·e, un·e cousin·e ou un·e enseignant·e de confiance. Demande de l’aide pour la partie difficile.
  • Fais de la place à d’autres ami·es. Passe du temps avec des personnes qui te font du bien et reprends une activité qui n’a rien à voir avec ce groupe. Fil Santé Jeunes le conseille aussi : retrouver des activités qui te font du bien aide à reprendre confiance en toi.
  • Attends-toi à être triste. Même quand une amitié faisait mal, la perdre peut faire mal aussi. Ça ne veut pas dire que tu as pris la mauvaise décision.

Si tu veux t’entraîner à dire non sans culpabiliser, notre guide pour savoir dire non sans culpabiliser contient des phrases que tu peux reprendre.

Quand c’est plus grave qu’un problème d’amitié

Certaines situations dépassent « on devrait arrêter de se voir ». Parle vite à un adulte de confiance si un·e ami·e ou un groupe :

  • menace de se faire du mal, ou menace de te faire du mal ou d’en faire à quelqu’un d’autre ;
  • te pousse à boire, à consommer des drogues, à relever des défis ou à faire quoi que ce soit de sexuel alors que tu n’es pas prêt·e ;
  • répand des rumeurs, partage des photos de toi ou te harcèle en ligne ou à l’école ;
  • contrôle où tu vas, à qui tu parles ou ce qu’il y a sur ton téléphone ;
  • te fait sentir en danger, humilié·e ou effrayé·e.

Fil Santé Jeunes conseille aussi de contacter un·e professionnel·le : son avis peut aider à y voir plus clair. Si tu te sens déprimé·e ou dépassé·e, tu peux trouver une ligne d’écoute près de chez toi grâce à l’annuaire international findahelpline.com.

Où le livre s’intègre

Le livre 100 Mystères sur la Puberté Pour les Filles, de Magda Pabst, est un guide pour les adolescentes qui répond à 100 questions sur un ton direct, chaleureux et parfois drôle. Son chapitre sur la vie sociale et les amitiés compte dix courtes sections, dont une sur les amis toxiques, une sur ce que font les vrais amis les uns pour les autres, une sur la gestion des disputes et une sur le harcèlement. Face à un·e ami·e toxique, il propose deux voies : mettre fin à l’amitié, ou rester sans copier son comportement. Pour les disputes, il donne sept règles simples, comme ne pas garder rancune, écouter, s’excuser, trouver un compromis, faire une pause et utiliser l’humour sans sarcasme.

Ce livre n’est pas un guide de thérapie et il ne remplace pas une discussion avec un adulte de confiance, qu’il recommande encore et encore. Il s’adresse à l’adolescente ; le reste couvre les changements du corps, les émotions, l’école, internet et bien d’autres sujets, avec certains passages très directs : un parent voudra peut-être le feuilleter d’abord.

D’autres guides sont sur le blog de Books Go, et d’autres livres sur la page d’accueil de Books Go Publications.

Foire aux questions

Comment savoir si mon ami·e est toxique ou traverse juste une période difficile ?

Regarde le schéma et ce que tu ressens après. Un·e ami·e qui va mal peut être de mauvaise humeur, mais il ou elle tient toujours à toi et sait dire pardon. Un schéma toxique se répète, et tu te sens poussé·e, rabaissé·e ou vidé·e. Plusieurs signes réunis pendant des semaines sont une bonne raison de prendre la situation au sérieux.

Dois-je dire à mon ami·e qu’il ou elle est toxique ?

Tu peux, mais ça marche souvent mieux de décrire un comportement et son effet sur toi (« Quand tu répètes mes secrets, je n’ai plus confiance ») que d’employer le mot « toxique ». Si l’autre t’écoute, l’amitié peut s’améliorer. S’il ou elle se fâche ou que rien ne change, tu as appris quelque chose aussi.

Est-ce ma faute si une amitié se termine ?

Non. Les gens changent, les amitiés s’éloignent et certaines ne fonctionnent pas. Quand une amitié se défait, ce n’est généralement la faute de personne, et tu n’as pas à te blâmer.

Et si nous sommes dans le même groupe d’amis ?

Tu peux t’éloigner d’une personne sans quitter tout le groupe. Reste poli·e, garde les conversations courtes et passe plus de temps avec celles et ceux qui te traitent bien. Si le groupe se retourne contre toi, parle à un adulte.

Puis-je faire une pause plutôt que mettre fin à l’amitié ?

Oui. Une pause te laisse de l’espace pour réfléchir, et voir d’autres ami·es peut te donner du recul. Une pause n’est pas une punition et elle n’a pas besoin d’être définitive.

Quand demander l’aide d’un adulte ?

Tout de suite si tu te sens en danger, s’il y a du harcèlement, de la pression autour de la drogue, de l’alcool ou du sexe, des menaces, ou si tu as peur de ce qu’un·e ami·e pourrait se faire. Aussi si tu es simplement triste depuis des semaines sans savoir pourquoi. Demander de l’aide est une force.

Sources

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un diététicien ou d’un autre professionnel qualifié.