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Parlez-moi de vous : réponse en 3 temps et exemples

Développement personnel

Books Go Team · Publié le · 9 min de lecture

Pour répondre à « parlez-moi de vous » en entretien, racontez un court parcours en trois temps : ce que vous faites aujourd’hui, les une ou deux expériences qui vous ont menée ou mené jusqu’ici, et la raison pour laquelle ce poste est la suite logique. Voici la trame en trois temps, un modèle à compléter, trois exemples de réponse (profil expérimenté, premier emploi, reconversion), les erreurs que les recruteurs remarquent le plus et une préparation en dix minutes.

En bref :

  • Structurez la réponse en trois temps : présent, passé, futur.
  • Visez une à deux minutes, dites à voix haute.
  • Choisissez deux ou trois points qui répondent à l’offre d’emploi.
  • Ne récitez pas votre CV et ne racontez pas votre vie.
  • Préparez des points clés, pas un texte appris par cœur.
Parlez-moi de vous : réponse en 3 temps et exemples
Dans cet article · 9 min de lecture
  1. Pourquoi on vous demande « parlez-moi de vous »
  2. La trame en trois temps : présent, passé, futur
  3. Un modèle à compléter
  4. Parlez-moi de vous : trois exemples de réponse
  5. Quatre façons de construire la réponse
  6. Les erreurs qui affaiblissent la réponse
  7. Bien le dire : voix, regard, rythme
  8. Une préparation en dix minutes
  9. Ce que le livre de Sylvestre Moulins apporte
  10. Quand demander de l’aide
  11. Questions fréquentes sur « parlez-moi de vous »
  12. Sources

Parlez-moi de vous : les trois temps d’une réponse, présent, passé, futur
Parlez-moi de vous : une réponse en trois temps

Pourquoi on vous demande « parlez-moi de vous »

C’est souvent la première vraie question, donc elle donne le ton du reste de l’entretien. Selon Robert Half, cabinet de recrutement, elle sert à évaluer votre capacité à présenter clairement votre parcours et vos motivations, mais aussi votre confiance en vous et votre aisance à communiquer (Robert Half). Le recruteur a déjà lu votre CV : il ne demande pas votre biographie.

C’est plutôt une bonne nouvelle, car la réponse est entièrement entre vos mains. Un résumé clair et pertinent donne au recruteur de quoi rebondir. Welcome to the Jungle rappelle d’ailleurs que cette réponse donne le ton de la suite de l’entretien (Welcome to the Jungle).

La trame en trois temps : présent, passé, futur

La plupart des guides arrivent au même ordre, même sous des noms différents. En mots simples :

  1. Présent. Votre poste, vos études ou votre projet actuel, et une chose que vous y faites bien. Une ou deux phrases.
  2. Passé. Deux ou trois expériences ou compétences utiles pour ce poste, choisies à partir de l’offre. Pas tout : seulement ce qui sert.
  3. Futur. Pourquoi ce poste et cette entreprise sont la suite logique, ce que vous pouvez apporter et ce que vous espérez apprendre.

Welcome to the Jungle propose cette méthode présent, passé, futur et conseille de rester sous les deux minutes. Robert Half décrit le même enchaînement : votre situation actuelle, deux ou trois expériences pertinentes tirées de l’offre, puis votre motivation.

Temps Ce qu’il faut dire Durée approximative
Présent Votre poste ou vos études et un point fort 15 secondes
Passé Deux ou trois expériences utiles, avec un résultat concret 30 à 60 secondes
Futur Pourquoi ce poste, ce que vous voulez apporter et apprendre 15 à 30 secondes

Jobillico, un site d’emploi, recommande environ une minute et un discours « bref et précis ». Si vous êtes nerveuse ou nerveux, prenez la durée la plus courte : vous pourrez toujours donner des détails quand on vous les demandera.

Un modèle à compléter

Rédigez votre réponse avec vos propres mots à partir de cette trame, puis dites-la à voix haute.

« Je suis actuellement [poste ou études], où je [responsabilité principale]. Auparavant, j’ai [expérience pertinente 1, avec un résultat] et [expérience pertinente 2], ce qui m’a appris à [compétence utile pour le poste]. Je candidate à ce poste parce que [raison précise liée à l’entreprise ou au travail], et je souhaite [ce que vous voulez apporter et apprendre]. »

Remplissez chaque crochet avec un élément de l’offre d’emploi. Si l’offre insiste sur le travail en équipe, votre exemple doit montrer du travail en équipe. C’est ce qui transforme une réponse générique en réponse ciblée.

Parlez-moi de vous : trois exemples de réponse

Ce sont des modèles à adapter, pas à copier. Utilisez vos propres faits et vos propres mots.

Pour un profil expérimenté

« Je suis coordinatrice de projets dans une entreprise de logistique, où je planifie les livraisons d’une trentaine de clients et je veille au calendrier de l’équipe. Ces trois dernières années, j’ai mis en place un tableau de planification hebdomadaire partagé, et les retards sont devenus beaucoup plus rares dans mon équipe. Avant cela, j’ai travaillé au service client, ce qui m’a appris à rester calme et à expliquer clairement. Ce poste m’intéresse parce qu’il associe la coordination à une équipe plus large : je souhaite y apporter mes habitudes d’organisation et apprendre comment vous gérez les expéditions internationales. »

Pourquoi ça fonctionne : un présent clair, un résultat concret, une compétence du passé liée au poste et une raison précise de candidater.

Pour un premier emploi

« Je viens de terminer une licence en gestion, et mon projet de fin d’études était un plan marketing pour une boulangerie de quartier. J’ai interrogé des clients, analysé des chiffres de vente et présenté les résultats à la gérante. J’ai aussi travaillé le week-end dans un magasin pendant mes études, ce qui m’a appris à être fiable et à parler avec toutes sortes de personnes. Je candidate parce que ce poste me permettrait d’appliquer ce que j’ai étudié au sein d’une vraie équipe, et j’ai envie d’apprendre auprès de collègues expérimentés. »

Pour un premier emploi, ce sont les études, les projets, les stages et les jobs d’appoint qui prennent la place de l’expérience : racontez ce que vous y avez fait et appris, puis reliez-le au poste.

Pour une reconversion

« Pendant six ans, j’ai enseigné au collège : je préparais mes cours, je gérais une classe de trente élèves et j’expliquais des notions complexes simplement. L’an dernier, j’ai suivi une formation en analyse de données et créé un petit tableau de bord sur les chiffres d’assiduité de mon établissement. C’est pour cela que je candidate à ce poste d’analyste : je souhaite mettre mes qualités de communication au service de l’explication des données à des personnes non spécialistes, et je suis prête à poursuivre ma montée en compétences techniques. »

Pour une reconversion, annoncez le changement avec calme et confiance, sans vous en excuser, et mettez en avant les compétences qui se transposent.

Quatre façons de construire la réponse

Jobillico présente quatre approches. Elles ne s’excluent pas : la trame en trois temps peut en contenir une.

Approche Quand l’utiliser Idée
Chronologique La plupart des profils Aujourd’hui, puis avant, puis vos objectifs
Récit (storytelling) Un parcours singulier Une expérience marquante qui explique votre choix
Trois qualités Un poste qui demande des qualités précises Trois qualités, chacune illustrée par un exemple
Réalisations Un poste orienté résultats Des résultats chiffrés pour appuyer le discours

Les erreurs qui affaiblissent la réponse

Réponse plus faible Réponse plus solide
Réciter son CV dans l’ordre Choisir deux ou trois points utiles pour le poste
Commencer par l’enfance ou l’école Commencer par ce que vous faites aujourd’hui
Critiquer un ancien employeur Rester neutre et se tourner vers l’avenir
Énumérer des qualités sans preuve Donner un exemple ou un résultat concret
Apprendre un discours par cœur Retenir des points clés et parler naturellement
Finir par un vague « voilà » Finir sur la raison de la candidature et laisser la porte ouverte

Robert Half cite parmi les erreurs courantes le fait de raconter sa vie personnelle, de critiquer son employeur ou son manager actuel et de réciter son CV. Welcome to the Jungle ajoute le récit chronologique depuis l’enfance, le discours trop préparé qui paraît scolaire et l’enthousiasme exagéré, qui peut sembler peu sincère.

Bien le dire : voix, regard, rythme

Le contenu fait la moitié de la réponse ; l’autre moitié, c’est la manière.

  • Parlez un peu plus lentement que ce qui vous semble naturel : le stress pousse presque tout le monde à accélérer.
  • Regardez votre interlocuteur, souriez quand c’est naturel et gardez les mains détendues, par exemple posées sur la table.
  • Faites des phrases courtes. Si vous perdez le fil, marquez une pause et respirez : deux ou trois secondes de silence paraissent réfléchies.
  • Terminez par la raison de votre candidature, puis arrêtez-vous. Le silence qui suit est le tour du recruteur.

Le livre de Sylvestre Moulins conseille de commencer par une thèse simple ou un résumé de trente secondes de vos points clés, et de garder des pauses courtes, d’environ trois secondes au plus. C’est la même logique que la trame ci-dessus : le message principal d’abord, les détails ensuite.

Une préparation en dix minutes

  1. Lisez l’offre d’emploi et soulignez trois exigences.
  2. Écrivez une phrase pour chaque temps : présent, passé, futur, avec le modèle.
  3. Vérifiez que chaque phrase répond à au moins une des trois exigences.
  4. Dites la réponse à voix haute et chronométrez-vous : visez environ une minute.
  5. Enregistrez-vous une fois, écoutez-vous et supprimez tout ce qui ressemble à une liste.
  6. Demandez à une personne de confiance ce qu’elle a retenu. Les points retenus sont ceux qui passent.

Préparez aussi une version plus courte pour un premier appel téléphonique, et une plus longue pour un tour suivant où le recruteur veut plus de détails.

Ce que le livre de Sylvestre Moulins apporte

Dans « Rhétorique, Communication Assertive et Écoute Active », Sylvestre Moulins consacre l’une de ses dix situations de la vie quotidienne à l’entretien d’embauche : poignée de main moyennement ferme, tenue neutre adaptée à la culture de l’entreprise, mains posées sur la table, mise en avant des compétences relationnelles comme l’adaptabilité, le travail d’équipe et la résilience, recherche d’informations sur l’entreprise et prudence avant de parler salaire ou congés. Son chapitre sur l’expression propose d’ouvrir par une thèse simple ou un résumé de trente secondes, et de nombreux chapitres se terminent par des exercices, comme s’enregistrer ou s’entraîner devant un miroir.

Ce n’est pas un guide spécialisé sur les questions d’entretien et il ne donne pas de réponses toutes faites. Il travaille les compétences qui se cachent derrière une bonne réponse : s’exprimer clairement, écouter, faire bonne impression. Une version audio existe aussi.

Pour d’autres idées de préparation, voir l’article sur le défaut en entretien d’embauche, celui sur l’écoute active, celui sur la peur de parler en public, la page Books Go Publications en français et le blog.

Quand demander de l’aide

Si la peur des entretiens vous empêche de postuler, si votre esprit se vide à chaque fois ou si elle se transforme en forte anxiété, parlez-en à un conseiller en évolution professionnelle, à un médecin ou à un psychologue. Un accompagnement peut vous aider à avancer à votre rythme. Le livre ne traite pas les problèmes cliniques comme l’anxiété sociale. Si vous avez besoin de parler à quelqu’un maintenant, l’annuaire international findahelpline.com recense des lignes d’écoute.

Questions fréquentes sur « parlez-moi de vous »

Combien de temps doit durer la réponse ?

La plupart des guides conseillent une à deux minutes. Welcome to the Jungle parle de moins de deux minutes et Jobillico d’environ une minute. Plus court est plus sûr : le recruteur demandera des précisions s’il en veut.

Faut-il parler de sa vie personnelle ou de ses loisirs ?

Très brièvement, et seulement si cela se rapporte au poste. Robert Half cite parmi les erreurs le fait de raconter sa vie personnelle. Une courte phrase pertinente peut vous rendre humain, mais gardez le cap sur le travail.

Que dire si l’on n’a pas d’expérience ?

Parlez de vos études, projets, bénévolat ou petits boulots, et de ce que vous en avez retiré. Montrez votre curiosité et votre envie d’apprendre, et reliez une de ces expériences au poste.

Est-ce la même chose que « présentez-vous » ?

À peu près. Les deux questions appellent la même réponse courte et ciblée. Le piège est identique : ne pas réciter le CV, mais choisir ce qui sert la candidature.

Faut-il apprendre la réponse par cœur ?

Non. Mémorisez la trame et vos points clés, pas les mots. Un texte appris paraît scolaire et se défait si la question est formulée autrement.

Peut-on terminer par une question ?

Oui, si c’est naturel. Terminer par la raison de votre candidature et une ouverture (« j’aurais plaisir à vous en dire plus sur l’un de ces points ») invite le recruteur à poursuivre.

Sources