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Traumatisme transgénérationnel : 7 schémas familiaux

Développement personnel

Books Go Team · Publié le · 11 min de lecture

Le traumatisme transgénérationnel désigne l’idée que les effets d’épreuves vécues par une génération peuvent se faire sentir chez les suivantes, par la façon dont une famille réagit, ce qu’elle dit et ce qu’elle tait. On le repère souvent dans la vie de tous les jours : un sujet dont personne ne parle, une phrase comme « un grand ne pleure pas », une peur bien plus forte que tout ce que vous avez vécu vous-même. C’est une grille de lecture qui aide beaucoup de personnes à comprendre leurs réflexes, pas un diagnostic ni une fatalité. Vous trouverez ci-dessous sept schémas familiaux fréquents, d’autres explications à envisager et une façon douce d’observer votre propre famille sans accuser personne.

En bref :

  • Le traumatisme transgénérationnel décrit des épreuves dont les effets résonnent chez les générations suivantes.
  • Il passe par le silence, les rôles, les phrases toutes faites et les réflexes.
  • Ce n’est pas une fatalité : les réactions varient beaucoup, même au sein d’une famille.
  • La transmission génétique du trauma n’est pas prouvée chez l’humain.
  • Vous pouvez explorer ces schémas lentement, avec un accompagnement si vous le souhaitez.
Traumatisme transgénérationnel : 7 schémas familiaux
Dans cet article · 11 min de lecture
  1. Qu’est-ce que le traumatisme transgénérationnel ?
  2. Traumatisme transgénérationnel : 7 schémas familiaux
  3. Comment un traumatisme peut-il passer d’une génération à l’autre ?
  4. Ce n’est pas une fatalité
  5. Une façon douce d’explorer vos schémas familiaux
  6. Où notre livre trouve sa place
  7. Quand demander l’avis d’un professionnel
  8. Questions fréquentes sur le traumatisme transgénérationnel
  9. Sources

Traumatisme transgénérationnel : observer, questionner, nommer et choisir, quatre petits pas
Traumatisme transgénérationnel : quatre petits pas, de l’observation d’un schéma à votre propre choix

Qu’est-ce que le traumatisme transgénérationnel ?

Le vocabulaire est flou, d’où un petit repère. La caisse maladie suisse CSS (2023) distingue deux situations : quand le traumatisme est transmis à la génération suivante, on parle de traumatisme secondaire ; à partir de la troisième génération, les spécialistes parlent de traumatisme transgénérationnel. Dans le langage courant, on emploie aussi « traumatisme intergénérationnel », « trauma familial » ou « mémoire transgénérationnelle » pour désigner la même idée, et cet article fait de même.

Deux précisions dès le départ. D’abord, les événements en cause peuvent être collectifs, comme une guerre, un exil ou une famine, ou plus proches de la famille : négligence, violence, addiction, deuil brutal. Ensuite, le mot « traumatisme » ne veut pas dire que vous avez un trouble. Il renvoie à la manière dont la peur et le stress peuvent façonner les habitudes d’une famille, longtemps après les faits.

Une psychologue citée par le quotidien L’Avenir (2025) le résume ainsi : ce sont « les blessures émotionnelles portées par des personnes qui n’ont pas vécu elles-mêmes les événements traumatiques ». Le même article rappelle que la notion reste discutée dans certains milieux scientifiques, tout en aidant de nombreux patients à mettre des mots sur une douleur diffuse.

Traumatisme transgénérationnel : 7 schémas familiaux

Ces schémas sont des exemples possibles, pas une liste de contrôle. Chacun a d’autres explications, et la plupart des familles en présentent quelques-uns par moments. Lisez-les comme des questions, pas comme des preuves.

  1. Le sujet dont personne ne parle. Un décès, un déménagement, une maladie ou une séparation n’est jamais évoqué. Les enfants sentent qu’il y a quelque chose et apprennent qu’il ne faut pas poser de questions. On parle souvent de secrets de famille.
  2. Les phrases qui font loi. « Un grand ne pleure pas. » « On ne lave pas son linge sale en public. » « Sois reconnaissant. » Ces phrases transmettent la manière dont les émotions sont censées être traitées.
  3. Les rôles figés. Le fort, la soignante, le rebelle, l’enfant « difficile ». Un rôle peut protéger la famille un temps, et coûter cher à la personne qui le porte.
  4. La peur qui survit à sa cause. Un grand-parent qui a connu le danger peut rester sur ses gardes, faire des réserves ou se méfier des inconnus. Les enfants captent cette vigilance sans savoir d’où elle vient.
  5. Des parents peu soutenus eux-mêmes. Le texte de Medical News Today (2025) note que les symptômes d’un parent, comme la dépression, l’anxiété ou une consommation de substances, peuvent influencer la façon dont il peut s’occuper de ses enfants. Il s’agit rarement d’un choix : la plupart des parents donnent ce qu’ils ont pu recevoir.
  6. Des réflexes de survie devenus la norme. Cacher ses émotions, éviter de demander de l’aide, ne rien réclamer : cela peut servir quand la vie est dangereuse. Dans un cadre plus sûr, les mêmes réflexes laissent les enfants sans le soutien dont ils ont besoin.
  7. Une loyauté jamais dite. Certaines personnes ont le sentiment de ne pas avoir le droit d’être plus heureuses, plus libres ou plus à l’aise que les générations d’avant, comme si c’était une trahison. On parle alors de loyautés invisibles.

Et si c’était autre chose ?

Le tableau met chaque schéma en regard d’autres explications courantes. Il sert à éviter les conclusions rapides.

Schéma familial Ce que cela peut donner plus tard Autres explications possibles
Silence sur les épreuves Difficulté à parler de ses émotions Tempérament, culture familiale, timidité
Phrases et règles Cacher sa tristesse, ne jamais demander d’aide Style d’éducation, culture du travail
Rôles figés Se sentir responsable de tout le monde Place dans la fratrie, aîné, nature attentionnée
Peur qui survit à sa cause Sursauter, prévoir le pire Anxiété, période stressante, manque de sommeil
Parents peu soutenus Ne pas savoir ce qu’est le réconfort Maladie, soucis d’argent, période difficile
Réflexes de survie Avoir du mal à se reposer ou à accepter de l’aide Perfectionnisme, épuisement
Loyauté non dite Culpabilité quand tout va bien Valeurs personnelles, proximité avec la famille

Si plusieurs lignes vous parlent et pèsent sur votre quotidien, c’est une bonne raison d’en parler à un ou une professionnelle. S’il n’y en a qu’une ou deux, vous traversez peut-être simplement une période difficile ou vous portez un trait de famille.

Comment un traumatisme peut-il passer d’une génération à l’autre ?

Les chercheurs décrivent plusieurs voies, qui se combinent. Medical News Today (2025) en cite quelques-unes : les symptômes d’un parent, qui peuvent peser sur les soins donnés aux enfants ; le traumatisme « de seconde main », quand un enfant entend la souffrance de ses proches et en retient de la détresse ou de la vigilance ; les styles d’éducation forgés sous la menace ; les conditions de vie qui perdurent, comme la pauvreté et l’accès limité aux soins. Pour la CSS, le stress d’un parent traumatisé influence sa façon d’élever ses enfants, qui peuvent développer à leur tour des conflits intérieurs, surtout si le traumatisme n’a pas été traité ou seulement de manière incomplète.

Reste l’épigénétique, souvent évoquée. L’Inserm la définit comme l’étude des changements dans l’activité des gènes, sans modification de la séquence d’ADN. Chez les mammifères, précise l’organisme, la transmission d’une génération à l’autre « fait encore l’objet de controverses », et pour l’humain l’hypothèse épigénétique « reste à confirmer ». Une revue publiée dans World Psychiatry en 2018 (Yehuda et Lehrner, en anglais) va dans le même sens : les études « n’ont pas encore démontré de façon concluante » une transmission épigénétique des effets du trauma chez l’humain, et les effets du comportement parental ne doivent pas être confondus avec des effets directement « hérités ». Quand un article affirme que le trauma est tout simplement « dans vos gènes », prenez-le donc avec prudence. Ce que les familles transmettent clairement, avec ou sans gènes, c’est la manière de réagir au stress, ce dont on parle et ce que l’on évite.

Ce n’est pas une fatalité

La CSS le dit sans détour : tout le monde s’accorde à dire qu’il n’y a pas forcément de transmission. Les réactions à des expériences similaires varient fortement, et certains enfants de personnes traumatisées ne développent pas de troubles psychiques. Elle observe aussi une grande résilience chez des descendants de survivants de la Shoah. Medical News Today ajoute que tous les membres d’une famille ne réagissent pas de la même façon. Les relations sûres, la possibilité de parler de ce qui s’est passé et un accompagnement semblent jouer un rôle important.

C’est pourquoi « briser les schémas familiaux » se comprend mieux comme remarquer un schéma et choisir peu à peu autrement, plutôt que comme effacer le passé. Personne ne peut promettre un résultat ni un délai. La guérison est souvent décrite comme non linéaire, avec de bonnes périodes et d’autres plus dures, et cela ne signifie pas que vous vous y prenez mal.

Une façon douce d’explorer vos schémas familiaux

Prenez les étapes ci-dessous comme des invitations. Si quelque chose vous bouleverse, arrêtez-vous, expirez lentement et, si vous le pouvez, parlez-en à une personne de confiance.

  1. Repérez un schéma dans le présent. Choisissez une réaction qui revient, par exemple vous figer quand quelqu’un s’énerve, ou ne pas demander d’aide. Notez quand elle apparaît et ce que vous ressentez dans le corps.
  2. Posez quelques questions ouvertes sur l’histoire familiale. Qu’est-ce qui a été difficile pour les personnes avant vous ? Pensez aux pertes, aux départs, aux guerres, aux maladies, aux addictions, aux secrets ou aux séparations. Il n’est pas question d’interroger quiconque. Certaines réponses restent introuvables, et c’est normal.
  3. Dessinez une « carte des silences ». Sur une feuille, notez les sujets dont on ne parlait jamais dans votre famille. Les voir réunis soulage souvent, car on comprend que le silence avait une raison.
  4. Nommez les phrases et les rôles. Listez les phrases entendues dans l’enfance et le rôle qu’on vous a donné. Puis demandez-vous : est-ce que cela me ressemble encore aujourd’hui ?
  5. Choisissez une nouvelle phrase. Par exemple : « Dans ma famille, à partir de maintenant, on a le droit de demander de l’aide. » Écrivez-la et testez-la pendant une semaine comme une petite expérience, pas comme une règle.

Comprendre un schéma n’est pas accuser vos parents ou vos grands-parents. La plupart ont fait ce qu’ils pouvaient avec ce qu’ils avaient. Vous n’avez pas non plus à rompre avec qui que ce soit pour comprendre le fonctionnement de votre famille.

Pour apaiser votre corps pendant ce travail, notre guide pour calmer son système nerveux propose des exercices simples. Si vous vous demandez ce qui a pu manquer pendant l’enfance, lisez trauma de l’enfance : ce qui a manqué. Et si c’est la proximité qui vous touche le plus, lisez la peur de l’abandon.

Où notre livre trouve sa place

Notre livre sur ce thème est écrit en allemand : Trauma in dir überwinden und Lebensfreude finden (« Surmonter le trauma en soi et retrouver la joie de vivre ») d’Elsa Ebner. Il existe en livre audio allemand ainsi qu’en ebook et en livre broché allemands : il vous conviendra si vous lisez ou écoutez l’allemand. Un de ses chapitres porte sur les traumatismes transgénérationnels. D’après notre lecture, il montre comment un traumatisme peut circuler dans une famille, avec des notions comme les loyautés invisibles, les rôles familiaux et les secrets de famille, sans jamais blâmer les parents ou les grands-parents. Il propose des exercices de réflexion, dont des questions sur l’histoire de la famille, une carte émotionnelle de la famille et un journal d’une semaine qui commence par « Dans ma famille, à partir de maintenant… ». L’ensemble du livre est tourné vers le corps, chaleureux et sans hâte, et il dit lui-même n’être pas un livre de recettes pour solutions rapides.

L’autrice se présente comme autrice dans le domaine du bien-être et du développement personnel, pas comme thérapeute ni comme médecin. Le livre ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un traitement. Il présente l’angle épigénétique comme la lecture de l’autrice : prenez-le comme un point de vue parmi d’autres. Si vous écoutez le livre audio, ne le faites jamais en conduisant.

Vous trouverez d’autres guides sur la page d’accueil de Books Go Publications et sur le blog Books Go.

Quand demander l’avis d’un professionnel

Cet article et le livre ne remplacent pas une psychothérapie. Cherchez une aide professionnelle si des souvenirs ou des flashbacks vous submergent, si vous vous sentez souvent engourdi ou coupé de vous-même, si le sommeil, le travail ou les relations en souffrent beaucoup, ou si vous vivez une relation où l’on vous blesse ou vous rabaisse. Un psychothérapeute ou votre médecin généraliste peut être un premier contact, et un premier entretien n’engage à rien. Les thérapeutes qui tiennent compte de l’histoire familiale peuvent vous aider à aborder ces questions à un rythme qui vous protège. Vous n’avez pas besoin d’attendre que « ce soit assez grave ».

Si vous êtes en détresse aiguë ou pensez à vous faire du mal, demandez de l’aide tout de suite : findahelpline.com recense des lignes d’écoute gratuites dans le monde entier, et en cas d’urgence, appelez le numéro d’urgence du lieu où vous vous trouvez.

Questions fréquentes sur le traumatisme transgénérationnel

Quelle différence entre traumatisme transgénérationnel et intergénérationnel ?

Dans l’usage courant, les deux termes désignent à peu près la même chose : des effets d’un traumatisme qui résonnent chez les générations suivantes. Certaines sources, comme la CSS, réservent « transgénérationnel » aux effets qui atteignent la troisième génération. Vous n’avez pas besoin de trancher pour commencer à comprendre votre famille.

Un traumatisme peut-il se transmettre par les gènes ?

Ce n’est pas démontré chez l’humain. L’Inserm indique que l’hypothèse épigénétique « reste à confirmer », et une revue de 2018 dans World Psychiatry explique que les études n’ont pas encore montré de façon concluante une transmission épigénétique des effets du trauma chez les personnes. Ce que les familles transmettent clairement, c’est une manière de faire face, de parler et de se taire.

Comment savoir si ma famille est concernée ?

Il n’existe pas de test, et un seul signe ne prouve rien. Des silences qui reviennent, des phrases qui font loi, des rôles figés et des peurs qui dépassent votre histoire peuvent être des indices. Seul un professionnel qualifié peut dire ce qui s’applique à vous.

Est-ce que cela veut dire que mes parents sont responsables ?

Non. La plupart des parents transmettent ce qu’ils ont appris dans leurs propres circonstances, souvent sans le savoir. Voir clairement un schéma est autre chose que mettre quelqu’un en accusation.

Peut-on guérir d’un traumatisme transgénérationnel ?

Beaucoup de personnes constatent que les schémas évoluent avec le temps, grâce à des relations sûres, à la connaissance de soi et parfois à une thérapie. La CSS indique que les méthodes de traitement des traumatismes peuvent généralement s’appliquer, en tenant compte de l’histoire familiale. La guérison suit rarement une ligne droite, et personne ne peut promettre un résultat.

Dois-je parler du passé avec ma famille ?

Non. Vous pouvez d’abord travailler sur vos propres réactions, puis décider plus tard si et comment en parler avec vos proches. Si une conversation risque d’être douloureuse ou peu sûre, mieux vaut la préparer avec un professionnel.

Sources

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un diététicien ou d’un autre professionnel qualifié.